Un hiver tiède, un réchauffement climatique qui est là, il n’y a plus grand-chose pour refroidir l’atmosphère. Je fais pourtant ce que je peux : par exemple, j’ai raconté une blague légèrement antisémite au traditionnel repas dominical de ma belle-famille. Oui, je me suis récemment entiché d’une petite Hanna Cohen somme toute assez charmante. Et bien ça a à peine jeté un léger froid. Non vraiment, le climat n’est pas à la glaciation. De là d’où je vous écris, je peux même vous dire que le seul gel que j’ai été amené à voir ce dernier trimestre, était grassement étalé sur la composition plus contemporaine que capillaire d’un adolescent tektoneux (néologisme composé grâce à la contraction de tektonique et boutonneux). J’ai beau me moquer des handicapés dans la rue, doubler les petits vieux à la poste, faire traverser les aveugles sur l’autoroute ou encore jeter les bébés sans l’eau du bain (je la garde pour arroser les plantes, un vieux reste d’écologie), je ne choque plus. Ca fait froid dans le dos. Enfin, non justement. Ni chand aux fesses. La période est à la tiédeur. Une arrogance qui a mijoté assez longtemps, et qu’on peut servir à température ambiante. Chacun sa gueule. Et bé dans ce climat, c’est chaud de faire de la provocation. Façon de parler. Peut-être en partageant son gouter ou en souriant dans le métro… Très peu pour moi, la gentillesse ça me donne de la fièvre.
On pourrait espérer, espérer que la baisse du pouvoir d’achat qui entraine celle de la popularité de nos dirigeants, provoque au moins une augmentation du climat social. Mais non, rien n’y fait. Chacun continue, froidement, à œuvrer comme s’il n’y avait pas le feu au lac. J’attends les signes. Sur le lac. Des signes. J’insiste parce que ce jeu de mot aurait je trouve mérité un accueil un peu moins tempéré que celui que vous lui avez réservé. Vous êtes frigides ou quoi ? En tous cas, givrés de ne pas reconnaitre mon talent à sa juste valeur. Mais attention, les gens, je n’ai pas peur de me cramer avec ce brulot moi. J’ose allumer les feux de mon verbiage incandescent, car j’ai de l’espoir : je sais que la lumière peut venir des endroits les plus fermés et les plus froids. Comme quand on ouvre la porte du frigo par exemple. Cette blague a fait un four. Comme celle de dimanche, tiens... Tant pis, je ne me brûlerai pas les ailes sur votre incapacité à apprécier mes mots. Pourtant, moi, quand je me relis, je crie au génie.
Mais je le sens, je ne vous fais pas fondre. Trop tiède, tout ça ? Vivement le printemps tiens. Le printemps ? Quel printemps ? Y a plus de saisons. La nature aujourd’hui trouve plus d’inspiration dans les éjaculations précoces que dans les gelées tardives. Et moi, je la trouve où, mon inspiration ? Si l’engouement pour les grandes chaleurs estivales me laisse froid, je ne peux pas en dire quand il s’agit de celles d’Hanna. Et oui, ce qui m’intéresse encore dans la tiédeur se situe en dessous de zéro. Certes. Mais surtout de la ceinture.
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