Texte libre

Hein ? Des chroniques cyniques donc ? Mais quoi que c'est et pourquoi donc ?
Des chroniques parce que c'est la forme que ça va prendre, c'est tout. Un petit texte tous les on verra. Et cyniques, donc...
Parce que si le chien est le meilleur ami de l'homme, le cynisme est mon plus fidèle compagnon. Et là, j'étale ma culture. Pour tous ceux qui profitaient des cours de philo pour faire des trucs futiles, comme apprendre par coeur les capitales de tous les pays du monde (moi), écrire des chansons pourries (Vincent Delerm) ou faire ses devoirs, envoyer des sms (je suis trop vieux pour ça...), que sais-je...  Bref le terme cynisme vient du mot chien, et pof une première couche de confiture.
Parce que le cynisme, dès l'origine et selon Wikipédia qui a le double avantage d'être gratuit et pas cher, signifie subversif, provocateur et contestataire. Qu'on y ajoute aujourd'hui la dimension de l'humour noir et de l'ironie. Et que ça me va bien.
Parce que dans chronique il ya  croc alors que moi j'ai la rage et que je bois de la chimay.
Parce que dans cynique il y a si et que j'aime les autres possibles. Il y a aussi sini qui ne veut rien dire, et l'absurde ne me rebute pas.
Parce que dans chronique cynique il y a deux fois nique alors que moi pas trop en ce moment.
Parce que j'ai envie de dire des choses pour qu'elle soient entendues, contestées, utiles en quelque sorte.
Parce que quand Le Lay parle de temps de cerveau disponible, son cynisme est un aveu. L'aveu qu'il est sur d'avoir gagné. Que ceci étant fait, il peut avouer aux cons qu'il les a toujours considérées comme tels. Et il n'est pas le seul. Le cynisme de ceux qui nous dominent est chaque jour plus affiché. Et c'est à mon sens ce qui peut nous aider, nous minoritaires qui contestons l'ordre des choses. Si surs d'eux, ils ne nous voient que comme de vils agitateurs folkloriques. S'ils ont raison, tant pis, mais je n'y crois pas.
Parce que si leur cynisme est la faiblesse du fort, le mien se veut être une force du faible.
Et qu'après une formule comme celle-là, il n'y a plus rien à dire...Si ?

Recherche

fais tourner !!!

chroniquescyniques

Mardi 24 octobre 2006
Hein ? Des chroniques cyniques donc ? Mais quoi que c'est et pourquoi donc ?
Des chroniques parce que c'est la forme que ça va prendre, c'est tout. Un petit texte tous les on verra. Et cyniques, donc...
Parce que si le chien est le meilleur ami de l'homme, le cynisme est mon plus fidèle compagnon. Et là, j'étale ma culture. Pour tous ceux qui profitaient des cours de philo pour faire des trucs futiles, comme apprendre par coeur les capitales de tous les pays du monde (moi), écrire des chansons pourries (Vincent Delerm) ou faire ses devoirs, envoyer des sms (je suis trop vieux pour ça...), que sais-je...  Bref le terme cynisme vient du mot chien, et pof une première couche de confiture.
Parce que le cynisme, dès l'origine et selon Wikipédia qui a le double avantage d'être gratuit et pas cher, signifie subversif, provocateur et contestataire. Qu'on y ajoute aujourd'hui la dimension de l'humour noir et de l'ironie. Et que ça me va bien.
Parce que dans chronique il ya  croc alors que moi j'ai la rage et que je bois de la chimay.
Parce que dans cynique il y a si et que j'aime les autres possibles. Il y a aussi sini qui ne veut rien dire, et l'absurde ne me rebute pas.
Parce que dans chronique cynique il y a deux fois nique alors que moi pas trop en ce moment.
Parce que j'ai envie de dire des choses pour qu'elle soient entendues, contestées, utiles en quelque sorte.
Parce que quand Le Lay parle de temps de cerveau disponible, son cynisme est un aveu. L'aveu qu'il est sur d'avoir gagné. Que ceci étant fait, il peut avouer aux cons qu'il les a toujours considérées comme tels. Et il n'est pas le seul. Le cynisme de ceux qui nous dominent est chaque jour plus affiché. Et c'est à mon sens ce qui peut nous aider, nous minoritaires qui contestons l'ordre des choses. Si surs d'eux, ils ne nous voient que comme de vils agitateurs folkloriques. S'ils ont raison, tant pis, mais je n'y crois pas.
Parce que si leur cynisme est la faiblesse du fort, le mien se veut être une force du faible.
Et qu'après une formule comme celle-là, il n'y a plus rien à dire...Si ?
Par Aurélien Zolli
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mardi 24 octobre 2006
Il était tard et il était crevé. Il était donc tard et crevé. Et au resto. C'est beaucoup pour un seul homme. Pas envie de travailler, pas pour nettoyer les verres. Pour ensuite traverser Bruxelles dans le froid et se coucher seul comme d'habitude, quelques misérables euros en poche et le sentiment d'avoir laissé passer une autre journée de sa vie. Son patron était Bengladhi. On ne comprenait presque rien à ce qu'il disait. Mais là, il semblait content. Ils avaient réussi à parler du prix Nobel de la paix attribué la veille à un banquier de ce pays asiatique qui, il venait de l'apprendre, comptait deux fois plus d'habitants que la France. C'était le troisième Nobel du Bengladesh. Il ne comprenait pas trop ce que son patron disait, et pensait au fond de lui-même que c'était réciproque. Il se disait aussi que les Bengladhis auraient l'air malin avec leurs prix Nobel, une fois que l'eau aurait envahi leur pays, c'est à dire bientôt si le temps le permet. Chacun sa place, les Nobel aux Etats-Unis, et les cours de natation aux Bengladhis. Mais bon, au moins, ils parlaient, c'était déjà ça. Pas toujours besoin de se comprendre, c'est déjà pas mal de faire l'effort. Il  venait de trouver ce boulot chiant et mal payé. Tant qu'à travailler, autant y aller à fond dans le mouvement. Il n'avait pas envie de changer et voulait donc se rendre sympathique aux yeux de ce bonhomme du tiers-monde qui avait l'impression de gravir l'échelle sociale en étant chef d'un resto suisse. Alors quand le petit Bengladhi lui a proposé d'aller boire un verre après le service, il a accepté. Ca mange pas de pain, et puis ils seraient tous les deux moins seuls au moins un instant. C'était surement la seule chose qui les rapprochait. A part l'odeur de raclette de leurs vêtements à la fin du service. Au moment de quitter le resto, il regrettait déjà. Juste un verre alors, il lui dit, parce qu'il était fatigué. "Non, on va danser - Pas trop envie - Ben moi ze danss et toi regad et on dag vieille fam lich com ça on paye rien. Et on bais vieille fam apè."Et merde, c'est lui qui était baisé. Pas envie de danser, pas envie d'attendre et surtout pas envie de draguer des vieilles femmes riches, surtout avec un pervers dans les pattes, avec le risque ultime d'y parvenir...Pas une seule de ses hormones pourtant pas rassasiées depuis longtemps n'exprimait l'envie de baiser une vieille femme riche. Et d'entendre des conneries de petit chef, incomprehensibles de surcroit. Mais bloqué. Putain c'est ça le tiers-monde, tu leur montres un peu d'attention et tu finis prostitué. On est foutus. Lui en tous cas c'était sur. Devant le club privé, il avait les boules. Il n'était jamais allé dans un club privé. Salsa. Il a horreur de la salsa. Un videur. Il conchie les videurs. Sauf, depuis, celui-là, son sauveur. L'inspiration divine lui avait conseillé de mettre des baskets. "Désolé c'est un club privé vous rentrez pas en basket". Devant cette réplique qu'il n'avait entendu que dans des sketches, il sourit béatement, pour la première fois de la soirée. La scène se reproduisit deux fois. Puis il se sacrifia pour laisser son petit chef aller draguer des vieilles. Sur le chemin du retour, il réalisa que ses chaussures fabriquées au Bengladesh lui avaient évité une soirée avec un casse-pied. Il avait compris la leçon : il irait toujours au travail en basket et ne dirait plus de  mal de la mondialisation.
Par Aurélien Zolli
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mardi 24 octobre 2006

Un sketch écrit dans le cadre d'un exercice de style bouffon en solo, pour l'école, l'an dernier. Je l'ai depuis joué quelques fois en ville et à la campagne (c'est là que c'était le mieux reçu).

« Yes yes Joshua… We sold it. You know, the market of Brazil was not interesting anymore for us. The maïs is so much cheaper in some other places... But Joshua, I have to let you now. I have to work, you know what it is hein. My plants won’t grow alone hein... I have to help them. So bye bye Joshua, I’ll call you latter”.

Excusez-moi... J’éteins, je vous dois bien ça. Vous savez, dans ce métier là, y a pas d’horaire de bureau hein. C’est la nature qui commande. Faut pas avoir peur de se salir les mains hein. Dans ma famille, on a toujours travaillé la terre. Mon arrière grand père était déjà, par exemple, tiens, un sacré paysan ! Pareil pour mon grand-père qui fut en son temps un fameux agriculteur. Mon père a repris le flambeau, et il était également chef d’exploitation agricole… Moi, je suis comme eux. Je suis président directeur général de la filiale française de production industrielle de l’entreprise agro-alimentaire multinationale Genetical Nature. La tradition quoi… En même temps, on fait des progrès, pour vous hein, pour que vous puissiez manger plus et moins cher. Mais ce n’est pas facile d’aider les gens, on est toujours emmerdés. Oui je vous explique. Ben pour faire simple, grâce à un efficient plan Recherche et Développement, notre compagnie est en situation quasi monopolistique dans les domaines de la vente de semences génétiquement modifiées sur l’intégralité du marché mondial, ce qui lui permet d’atteindre un optimum comptable vanté par les plus grands fonds de pension et qui lui confère le statut de valeur refuge sur le New York stock Exchange, en raison notamment de la croissance exponentielle du cours des…Pourquoi vous me regardez comme ça ? Vous ne comprenez pas ? Ha oui mais vous vous êtes de la ville aussi, forcement cette logique ça vous échappe. Le bon sens paysan, vous ne savez pas ce que c’est. C’est comme les écologistes, tu parles. Les mecs ils connaissent rien. C’est nous les écologistes pas eux. Et je le prouve. Nos scientifiques ont mis des gênes de méduse dans des cochons. Me demandez pas pourquoi. Comme ça, pour voir… En fait c’est Jérémy, le petit jeune du labo…de la ferme. Il a des dreadlocks et un nez un peu retroussé. On le charrie un peu c’est normal. Alors y a Alain, Alain c’est un peu le comique de la bande, il a dit comme ça pour déconner ça vous dirait qu’on fasse un animal qui ressemble à Jérémy, et ils se sont dits qu’en croisant une méduse et un cochon peut-être qu’on y arriverait hé. Ha ha ha… Les chercheurs sont de grands enfants, la science amusante…Et puis le travail à la ferme c’est dur alors il faut savoir se marrer des fois. On ne maîtrise pas toute la technique alors des fois ça rate. Remarquez, on maîtrise encore moins les conséquences. C’est super excitant, on fait des trucs sans rien savoir, c’est noël tous les jours vous voyez « oh, un poisson goût fraise », ‘et toi t’as eu quoi ? « Un mouton en soie c’est nul c’est pour les filles », « allez c’est pas grave je te donne ma souris triple chaos sans poil moi je l’ai déjà » « trop cool ça sert à quoi ? » « Je ne sais pas moi attends tu verras ». Bon bref quand les cochons sont nés, ben ils étaient fluos. Bon, là aussi, vous me direz, à quoi ça sert ? Bien une question de citadin ça. Vous êtes d’un terre à terre… Un cochon fluo, c’est beau, c’est l’avenir, imaginez un monde où les gens ont le choix : des côtes de porc transgéniques verts fluo, des côtes de porc transgéniques rose fluo, ou alors, je sais pas moi, des côtes de porc, transgéniques, transparentes, comme ça on sait ce qu’il y a dedans… j’en vois qui tiquent. Vous vous demandez sûrement en quoi c’est écologique un cochon fluo ? Ben réfléchissez bande de citadins ! Si les cochons brillent dans le noir, on aura plus besoin d’éclairer. Donc on fera des économies d’énergie. Alors c’est qui les écolos là hein ? Ha ils veulent la guerre les mecs… Ok ok. De toutes façons on va la gagner, c’est juste une question de temps. On a une super stratégie hein. Chez nous autres les paysans, on appelle ça la stratégie du loup dans la bergerie. En fait c’est simple, dès qu’un pays autorise nos graines un petit peu modifiées sur les bords, même juste pour la recherche scientifique, ou même qu’il oublie de légiférer, éventuellement suite à une pression amicale, on fait des essais en plein air, et malheureusement les graines s’envolent et vont dans les autres champs, c’est pas notre faute c’est la nature. Du coup y en a partout, dans tous les champs, la bouffe, partout. Si vous voulez c’est un peu comme au bar, quand avec mes potes on allume nos cigares, la fumée s’arrête pas aux limites du panneau coin fumeur et les non fumeurs ils dégustent aussi. Gratuitement en plus. Mais le non fumeur qui a bouffé de l’ail, on fait pas de loi contre lui, hein. Fumer tue, fumer tue, ouais mais on va pas lui tatouer puer de la gueule tue… Il ne nous pollue pas peut-être. Ca me fait penser, faudra que je dise à Alain qu’on essaie d’écrire « modifier génétiquement les semences tue » sur les grains de blé, comme ça, pour déconner un peu. En même temps il faut la place pour écrire ça. Et en Belgique en plus, en 3 langues… Faudra un grain de blé d’un kilo au moins. Boh, remarquez, c’est faisable, ouais ouais. Et pis il s’envolera peut-être moins comme ça. Non parce que la graine bio, elle s’envole pareil hein, elle va polluer les champs, et après le type qui veut manger ses haricots OGM il se retrouve avec un haricot bio dans l’assiette et là, c’est le drame : la diarrhée… Ha, ça ils le disent pas dans les médias, normal c’est tous des citadins! Je vous rassure ça va pas durer, parce que c’est nos graines sont plus fortes, normal c’est pour ça qu’on les trafique aussi hein. Nos graines c’est un peu les Lance Armstrong de l’oléagineux. Elles sont trop fortes, elles gagnent tout et écrasent la concurrence, après c’est peut-être mieux de ne pas savoir comment ça marche à l’intérieur. La comparaison s’arrête là, Armstrong a arrêté. Nous c’est les autres qui vont arrêter. Bientôt y aura plus que nous. Parce qu’une fois que c’est fait, c’est fait, pas de marche arrière, on sera peinards. Oui parce que pour l’instant on doit faire des efforts, faire semblant de faire attention, étouffer les enquêtes…Et puis si on nous laisse pas essayer on ne saura jamais si c’est dangereux d’abord. Alors nous on essaye, et pour être sur on fait des essais grandeur nature. Sur vous. A vous voir ça a l’air d’aller non ? Vous n’avez rien remarqué non ? Vous n’avez pas d’excroissance du foie, vous n’avez pas perdu votre rate … C’est bien la preuve... De toutes façons, on trouvera bien des médicaments pour vous soigner quand vous serez malades. Oui on fait ça aussi... D’ailleurs on met des médicaments dans les plantes et hop, on fait pousser. Comme ça les gens se soignent tout le temps, en mangeant. Un homme sain étant un malade qui s’ignore, on anticipe, hein, on vous soigne pour tout, ça fait des économies d’échelle. On vous soigne même pour les maladies que vous n’avez pas mais que vous aurez peut-être, surtout si vous prenez maintenant les médicaments qui vous soignent pour ces maladies que vous n’avez pas, et qui ne vous soigneront du coup plus pour ces maladies quand vous les aurez, ni pour celles qui n’existent pas encore mais qui apparaîtront à force de consommer les médicaments qui soignent les maladies que vous n’avez pas, et pour lesquels nous trouverons alors un remède, quand ce sera rentable. Il faut donc que vous soyez malades. Oui, si vous ne le faites pas pour vous, faites le pour notre économie, chers cobayes…clients…consommateurs…ha ! Concitoyens…

Non parce qu’aujourd’hui, notre économie ce n’est pas la joie. Il faut se battre je vous dis. Non parce que les Indiens et les autres, ils deviennent forts malgré tout ce qu’on a fait pour pas les aider. Heureusement, nous dans le business…la recherche…l’agriculture, on a l’arme ultime…Le brevet ! On a inventé ça avec des copains, au bistrot, en fumant des cigares. C’est Gérard qui était bourré et qui a dit que le capitalisme est né quand un imbécile a mis une limite autour d’un terrain en disant c’est à moi, et qu’un autre imbécile l’a cru. Ca m’ a donné l’idée. J’ai regardé la plante qui croupit au fond du bar, et j’ai dit « cette plante est à moi, si t’en veux tu dois payer, parce que je suis le premier à dire que c’est à moi… ». J’avoue je pensais pas que ça marcherait, c’était quand-même un peu gros. Et bé tu me crois si tu veux, ça a fonctionné du tonnerre. Du coup on est partis en vacances. On est allés en Inde tout ça, ils sont gentils là bas, souriants, serviables et tout. Ils nous ont montré leurs médicaments, leurs cultures traditionnelles… J’avais pris de la verroterie pour leur donner, mais y a même pas eu besoin. Et ben du coup, je vous jure la rigolade avec les potes, en rentrant de vacances, quand on est allé déposer le brevet pour tout ce qu’ils font les mecs. Chaque fois qu’ils veulent utiliser leurs médicaments ou manger, ils doivent nous payer maintenant. Ha on se marre à chaque fois qu’on envoie la facture. Du coup ils ne sont pas prêts de nous piquer notre place hein. Et leur bouffe elle a dû changer de goût. Non c’est vrai, le progrès il a un goût bizarre pour certains, j’avoue. Encore qu’en matière de goût, parlons-en, on a réussi à bien vous uniformiser. Oui, mais là, ça a un petit arrière goût de Moyen-Âge le progrès. Un seigneur qui possède les moyens de production, les terres, les semences et même les hommes. Avec, juste en un peu plus subtil, le droit de vie et de mort sur ses serfs, qui travaillent presque bénévolement. Après, pas la peine de déprimer hein. Suffit de choisir une bonne place à table. Prêt des plats. Profitez-en, ce n’est pas cher, hé hé… Tenez, vous êtes sympas, je vous la recette : une assiette de pâtes pour détruire l’environnement, une louche de sauce pour tuer l’agriculture traditionnelle, une pincée d’aromates pour affamer le Tiers-monde, et puis un peu de fromage râpé pour les maladies… Vous laissez bien mijoter, pendant que moi je gagne mon pain, enfin…votre pain. Surtout, ne changez rien, je vous promets d’en faire autant. Les traditions, hein, c’est important les traditions… Allez, bon appétit !
Par Aurélien Zolli
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Jeudi 26 octobre 2006
Bon en France on a de moins en moins de pétrole mais il coûte de plus en plus cher. Bon certes on a aussi de moins en moins d'idées mais nos brillants candidats dépensent des fortunes pour enrober leur incompétence de papier soie (rassurez-vous elles seront remboursées par les braves con-tribuables). Mais au moins, en France, il y a du bon vin, qui nous donne encore parfois un peu de plaisir au palais et à la vie alors que l'immonde monde vain et plein de plaies devient laid à grands pas. Y a pas qu'en France qu'il ya du bon vin soit dit en passant, c'est pas une initiative franchouillarde. J'apprécie parfois un bon vin suisse, italien, sud-africain, corse (pas californien, mais c'est sûrement un hasard)... Aussi dans viticulture il y a culture. Et ça sous-entend des règles élaborées au temps où le bon sens n'était pas un slogan. Ca sous-entend des années de mise au point de techniques qui ont démontré leur utilité, un savoir faire... Stop !  Pas rentable dit l'OMC (Organisation Mondiale du Commerce). On change les règles, on compétitionne et on rationnalise. Le Mac pinard est en marche. On trafiquera les goûts pour qu'ils correspondent à ceux du consommateur, qu'on aura bien formatés. Economies d'échelle ! Peu importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse. Ces types se saoulent au billet vert alors que je préfère le rouge. Allez, c'est loin d'être foutu, on peut se mobiliser et soutenir l'initiative lancée par la Confédération Paysanne, qui consiste en un premier lieu à signer une pétition en ligne, et des fois ça marche si si je vous jure. En plus ça permet de se tenir au courant. N'hésitez pas à aller voir sur cette page web :
http://www.contrelesnaufrageursduvin.org
Par Aurélien Zolli
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Jeudi 26 octobre 2006
Cyniques ou hypocrites ? Je ne sais en tous cas le premier prix  décerné par ce blog revient au gouvernement canadien, dont la ministre de l'environnement a déclaré "il  y a un besoin urgent de réglementation sur la pollution atmosphérique et les émissions de gaz à effet de serre... Nous allons poser des gestes concrets... prendre des mesures énergiques avec des objectifs contraignants." Tout en enterrant le protocole de Kyoto et en fixant des objectifs non plus pour 2010 mais... 2025 voire 2050. Pour préserver la sacro-sainte croissance ça va sans dire. Les Canadiens qui se voulaient précurseurs dans la lutte pour l'environnement sous leur précédent gouvernement, affichent clairement leurs affinités avec Bush depuis que les conservateurs sont revenus au pouvoir. Y a pas que dans la cuisine qu'on ferait peut-être mieux de se passer des conservateurs.

Je vous invite à proposer des candidats aux prix des cyniques de la semaine du mois ou de l'année... N'hésitez pas.
Par Aurélien Zolli
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Vendredi 27 octobre 2006
Il était une fois, dans un lointain pays, il y a bien longtemps, un petit Duc qui souffrait d'une terrible maladie : la migraine. Le sorcier qu'il consulta lui affirma ceci :
"Si le mal prend ta tête, ne te prends pas la tête mais prends la tête". Le petit duc, qui n'était pas, aux dires des gens, la personne la plus maline du royaume, ne comprit rien à cette phrase et commença à s'énerver. Il dit que tout le monde était contre lui et que le sorcier allait voir ce qu'il allait voir, parce qu'il était chef des cracheurs (les gardes de l'époque), et que rien, il avait bien dit rien, ni personne, il avait bien dit personne, ne l'empêcherait de guérir. Le sorcier, qui avait l'habitude des enfantillages du duc attendit qu'il se calme et lui expliqua ce qu'il devait faire.
"Messire, cette formule signifie simplement que vous devez prendre la tête du royaume si vous souhaitez que vos migraines passent.
- Mais comment ? Rétorqua le ducon (c'est ainsi qu'on appelait les petits ducs à l'époque).  Je ne suis ni grand ni beau ni bien malin.
- Ne pleurez pas Messire, ces attributs ne servent que peu lorsqu'il s'agit de conquérir le pouvoir. Sniffez cette poudre qui vous donnera une ambition démesurée et un pouvoir de trahison inégalable. Et avalez cette potion qui vous donnera le pouvoir le plus utile pour atteindre votre but : celui de faire peur !"
Sitôt qu'il eut sniffé, le ducon se servit de ses nouvelles forces pour trahir le sorcier, qui travaillait sans laissez-passer et qui fut donc reconduit hors du royaume par les gardes.
La nouvelle se répendit vite que le mage avait été expulsé. Pour se passer des services d'une personne aussi compétente pour soigner les malades, soit le duc était très fort, soit il était très con. Au bénéfice du doute les gens se mirent à avoir de plus en plus peur de ce ducon, et obéirent à chacun de ses caprices. Pour le flatter, ses cracheurs et leurs chefs commencèrent à l'imiter en expulsant hors du royaume tous ceux qui n'avaient pas de laissez-passer royal.  La surenchère fut telle que chacun voulut faire mieux que son collègue. Ainsi, on commença à chasser partout les sans-laissez-passer (que nous appelerons SLP, selon la nomenclature administrative officielle de l'époque), à leur travail, et même dans les hôpitaux et les écoles.  On leur tendit des pièges pour les faire venir à des rendez-vous qui  n'étaient en fait destinés qu'à les attraper alors qu'on leur promettait un laissez-passer. A chaque nouvelle expulsion, la peur grimpait chez les SLP. La population était bien contente de ne pas être la victime, et certans aidairent les gardes en dénonçant des SLP. Pendant ce temps-là, ils pouvaient oublier leurs vrais problèmes de faim et ils ne voyaient pas que le ducon se servait de sa fonction pour faire des cadeaux à ses amis, qui étaient tous de riches seigneurs. Le ducon était aidé par les colporteurs qui racontaient au peuple ce que le ducon et ses amis grands seigneurs leur disaient de dire pour ne pas que les choses changent. Il n'y eut bientôt plus de SLP. Mais le ducon trouva d'autres cibles : les apprentis sorciers ou les scribes qui ne servaient à rien, les poètes, ceux qui avaient aidé les SLP, ou tout simplement ceux qui n'avaient rien fait contre eux. Son énergie était décuplée par son ambition. Chaque fois qu'il prenait de nouvelles mesures, il recevait un plus grand appui du peuple. Enfin, c'est ce que rapportaient les colporteurs embauchés par les amis seigneurs du ducon. Le roi étant vieux, le ducon sentait son heure approcher. Il lui fallait cependant de nouvelles victimes pour faire patienter le peuple. Il s'attaqua à tous ceux qui n'étaient pas d'accord avec ses décisions. En effet, des gens qui l'empêchaient de guérir de ses migraines n'étaient-ils pas de fieffés égoïstes? Bientôt, il eut nettoyé ça aux cracheurs. Au propre comme au figuré. Ces derniers profitaient de leur mission pour se prêter à des exactions peu honorables, mais le ducon les protégeait toujours. A l'approche de la succession, ses migraines redoublèrent. il se rendit compte qu'elles apparaissaient maintenant lorsque des gens n'étaient pas d'accord avec lui. Il supprima donc ce problème. Mais ses migraines ne passaient pas, bien au contraire. Peut-être était ce dû au fait qu'il était plus petit que tout le monde, et qu'il respirait donc un air plus vicié ou qu'il subissait une plus forte attraction terrestre? Il se fit confectionner des bottes speciales, et ordonna que chacun parut plus petit. Mais son mal de tête empirait, qui le rendait de plus en plus irrascible et irritable. Certains de se conseillers commencèrent à redouter par trop les colères du ducon, et nombreux furent ceux qui partirent dans des contrées éloignées. Afin de ne pas fâcher le ducon car il aurait probablement été capable  de déclencher une guerre, les seigneurs qui fuyaient pretextaient qu'il allaient où la pression de la dîme était moins forte. Le ducon promit de baisser la dîme lorsqu'il serait roi. Il suffirait de remplacer les paysans, les ouvriers et les employés par des esclaves et on pourrait économiser quelques écus... Les seigneurs promirent de revenir. L'un d'eux répondit pourtant : "Cher Ducon, nous avions des esclaves, tous ces gens que nous pouvions exploiter sans les payer ni payer la dîme car ils n'avaient pas de laissez-passer. Mais tu les as expulsés. Alors comment feras-tu ?"
Le ducon réflêchit, et au prix d'une terrible migraine, proposa de ne chasser que ceux considérés inutiles, et de faire semblant de chasser les autres pour rassurer le peuple. Enfin, pour occuper le peuple. Le seigneur était encore sceptique. Il attendait des preuves. "Tu les auras, et si tu restes, je supprime aussi le code de la servitude, tu pourras utiliser tes esclaves comme bon te semble. Tu auras aussi l'entière liberté de jouir de tes terrains, pas de soucis avec les potions que tu pourrais y déverser afin que les herbes y poussent par magie, même si ça doit rendre impropre l'eau qui sert aux serfs. Je privatiserai la compagnie royale des calèches, et celle qui fabrique nos navires, je le la donne contre un écu symbolique. Tu auras tout ce que tu veux ! Tout!" Le ducon sentait qu'il avait bataille gagnée. Un jour, il serait roi, et ses migraines... ha, ses migraines, malgré tout ça, elles ne passaient pas. Il lui fallait sans cesse promettre plus, expulser, mettre au cachot, mentir, trahir... A force d'efforts et de manipulations, le ducon devint le souverain du royaume. Il commença alors à tenir ses promesses.
On raconte que le jour où il fut élu, ses migraines disparurent. On dit aussi que c'est le pays tout entier qui en hérita. Tous les sujets du Roi souffraient à présent d'une sacrée gueule de bois...


Elle vaut ce qu'elle vaut, cette histoire... C'est une fiction. La réalité est heureusement très différente. Pour la connaître, n'hésitez pas à vous inscrire sur la 
liste info du Réseau Education sans frontières, qui se bat au côté des immigrés raflés dans les lycées, les hostos et partout où l'imagination de notre bon ministre de l'intérieur emmène ses ouailles. Les expulsions de sans papiers, arbitraires et illégales pour la plupart, odieuses et  indignes de notre pays quoi qu'il en soit, redoublent. Et la mobilisation semble être, quoi qu'en disent les (i)mages, la seule prévention contre la gueule de bois.
http://listes.rezo.net/mailman/listinfo/resf.info
Et puis pour ceux qui croient plus aux (i)mages qu'aux contes, voilà une vidéo fort intéressante sur la méthode Sarko. Qui compare ses dires et ses faire... Sinistre (de l'intérieur). Et puis un communiqué de Syndicat autonome des journalistes publié sur l'excellent site de l'ACRIMED, l'observatoire des médias, concernant une pression exercée sur la presse.
Souce inépuisable d'abus, de débordements et d'insultes, le délinquant Nicolas Sarkozy risque, hélas, d'occuper une place, disons non négligeable, sur mon blog. Je comprends que Moustic ait décidé de ne plus en parler. Mais je ne suis pas sur de la méthode du silence, qui n'a pas défavorisé Le Pen en 2002. Aussi, je me ferai autant que faire se peut le relai de la face cachée du ducon.

Par Aurélien Zolli
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Lundi 20 novembre 2006
"Pour les socialistes elle est plus nature, mais, je le vous le dis, elle est beaucoup moins 'secure' ". Inénarable Jean-Pierre raffarin qui commente l'élection de Ségolène "Aquafresh" Royal. Toujours un goût de bouchon chez le cuvé poitevin. Mais cette année, il nous fait rire. Il ne faut pas trop en abuser cependant, parce qu'il pourrait nous entraîner à commettre des actes insensés, comme voter pour elle, justement.
Par Aurélien Zolli
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Lundi 20 novembre 2006
"Je peux te poser une question Papy ?
- Heu... oui (j'ai encore un peu de mal quand il m'appelle papy)
- C'est vrai qu'il y avait des poissons dans la mer avant ?
- Eh, oui. Figure toi qu'on en voyait rien qu'en plongeant et en ouvrant les yeux dans l'eau. Je me souviens d'une fois où...
- Quoi vous vous baigniez dans la mer, c'est degueu.
- A l'époque c'était pas dégueu non, enfin, pas autant, enfin si mais bon.. on faisait moins attention. C'était une époque plus... désinvolte...
- Ah ouais (vous noterez qu'il ne me demande pas ce que signifie désinvolte car il le sait. A 7 ans. Je suis fier de mon petit-fils...). Mais vous saviez rien ou quoi ? Y avait pas Internet ?
- Ben si. Non, on savait, mais comment dire, oui, on s'en foutait ( à l'époque, ce sera poli de dire ça quand on est vieux et qu'on parle à son petit-fils).
- Mais c'est pas possible. Vous auriez fait quelque chose si vous aviez su. Je peux pas imaginer qu'il y a seulement 50 ans, les hommes seraient restés les bras croisés si on leur avait dit que les poissons allaient disparaître. Tu dois confondre, vous n'étiez pas au courant c'est sûr.
- Bon, on le savait mais ça n'avait pas fait les gros titres si tu veux. Les gens jugeaient qu'il y avait des choses plus importantes.
- Alors là je le crois pas. Comme quoi par exemple ?
- Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal...
- Qui ça ?
- Non laisse tomber... des stars de l'époque. On devenait vite star, et on était vite oublié.
- Attends t'es sûr ? Moi je crois que si les gens avaient su, ils auraient fait quelque chose. Ils auraient arrêté de pêcher, fait des reserves. Y en a pas un qui a eu l'idée ?
-Ben... si. Il y avait des solutions. Mais, ça mettait en danger notre économie tu sais. Les gens pensaient que si on changeait trop les choses ils deviendraient pauvres...
- Ca sert à quoi d'être riche quand y a plus rien ?
-...
- Et vous n'avez rien changé ? Personne n'a rien fait ?
- On ne peut pas dire ça. Les gouvernements ont protesté contre la reprise de la chasse à la baleine par l'Islande. Un petit pays du nord qui a depuis été recouvert par les glaces à cause de la disparition du courant d'eau chaude appelé "Gulf Stream". Ce petit pays avait décidé de reprendre la pêche à la baleine. Juste quelques unes, pas menacées. Pour gérer les stocks. Mais les gens ont protesté. Bon, elles ont disparu aussi hein. Les gouvernements pensaient en terme de symbole, pas de biodiversité...
- c'est quoi la biodiversité ?
- Comment dire. A l'époque, il y avait plein d'animaux, pas seulement des chats, des pigeons et des cafards. Et tous les animaux s'inscrivaient dans une chaine à l'équilibre très fragile. Et donc il a suffi de casser la chaîne à quelques petits endroits pour faire disparaître la majeure partie de la faune.
- Ah. Et tu l'as connu, toi, Zidane ?"
Par Aurélien Zolli
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Lundi 25 décembre 2006

« Qui c’est ce mec ?

- Il s’appelle Léon.

- Et qu’est ce qu’il veut ?

- il dit qu’il veut partir en Orient…

- Ben vends lui un voyage et qu’on en finisse…

- Je crois pas qu’il ait assez d’argent pour se payer un voyage en Orient.

- Ben tu le vires. On est pas le samu social, t’as du boulot non ?

- Attends, il est marrant, et puis il est pas méchant…

- manquerait plus que ça.

- Allez, sois un peu cool, je perds pas plus mon temps que dans les réunions de cohésion de groupe… Et puis c’est Noël putain.

- Je m’en fous. Ou il a du fric et on l’envoie où il veut quand il veut, ou il en a pas et on l’envoie dehors maintenant.

- T’es vraiment un sale con. Casse toi de mon bureau.

- Tu peux considérer que c’est plus ton bureau. Ca fait longtemps que tu me les brises, mais là t’as dépassé la ligne jaune. T’es viré.

- Pas de souci. Tu m’enverras le solde de tous comptes. Ciao connard. Vous venez Monsieur Léon, je vous offre un verre… »

On est partis. Et on a discuté. Léon m’a dit qu’il était dans un chalet en Suisse la veille, avec un Chilien en un Bengladi, et aux îles Feroë le jour d’avant. Qu’il avait entendu parler d’Orient et qu’il avait donc décidé d’y aller. Quand je lui parlai d’argent, il me sourit. Pas de souci, ça semblait vouloir dire. Pas un pas de souci j’en ai plein, plutôt un pas de souci je trouverai un moyen. Ca avait l’air vrai. En tous cas je n’en ai pas demandé plus. J’ai payé nos verres et je suis rentré chez moi. C’était noël, j’avais passé une bonne journée, au cours de laquelle j’avais perdu mon boulot et rencontré un fou. J’ai mis de la musique, très fort, j’ai bu une vodka glace, et j’ai attendu que le téléphone sonne. Comme cette activité s’averait infructueuse, j’ai débranché mon téléphone et j’ai mis mon blouson. Et je suis retourné à l’agence de voyage.

« Si c’est pour t’excuser c’est trop tard.

- Je veux pas m’excuser, je t’ai dit que t’étais un sale con et je le pense. Je viens chercher mon fric. Enfin non. Je viens acheter un billet avec le fric que tu me dois.

- C’est ton fric tu fais ce que tu veux. Où ? Quand ?

- En Orient, le plus vite possible. Deux billets. »

Par Aurélien Zolli
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mardi 9 janvier 2007

Puisque l'année qui commence semble caractérisée par les débats d'idées, la réflexion politique et l'intelligence citoyenne (mais après tout n'est pas un pléonasme ?), je ne pouvais rater l'occasion de consacrer ma première chronique cynique de la cuvée 07 à un coup de gueule qui, je l'espère, bousculera les clivages classiques pour susciter une vaste prise de conscience qui contribuera, du moins je le souhaite, à améliorer la marche d'un monde dont je me permets de penser parfois qu'elle se fait en dépit du bon sens. Enfin, pas toujours. Faut pas exagérer quand même.
 Il est à mes yeux un fléau qui s'abat sur nos cités, et qui, bien plus que le bouleversement climatique ou la paupérisation du prolétariat, représente une menace pour l'humanité. Si cette catastrophe pourrait, à terme, contribuer plus ou moins fortement à la disparition de ce que Dieu a fait de mieux, la perfection, je veux bien entendu parler de l'être humain, la seule espèce qui a atteint un génie tel qu'elle se détruit en conscience, elle est en outre une nuisance quotidienne, particulièrement dans ces cités urbanisées où la concentration de mes congénères conduit constamment (que de cons ! que de cons !) à renforcer ce phénomène funeste. Mais ce phénomène, justement, quel est-il ? Comment nommer une telle infamie ? Comment puis-je aborder ce sujet sans heurter la sensibilité des plus fragiles d'entre vous, mais surtout des plus fanatiques, ceux à qui on trouve toujours courageusement une excuse en raison du danger potentiel qu'ils représentent. Comment ne pas passer pour un alarmiste, un  défaitiste, un passéiste ou quelque autre mot en "iste" dont je rechigne à être affublé. Comme en l'occurrence celui d’hygiéniste... Si ce problème me taraude depuis longtemps déjà, sans oser le soulever publiquement jusqu'alors, en raison probablement d'un manque de confiance en soi qui m'empêchait de m'avouer cette terrible destinée qui m'attend dès lors que j'aurai ouvert la boite de pandore, ce statut de messie qui m’échoira inévitablement, et Dieu, entre autres, sait que ça finit mal, en général... Mais le jour est venu, l'affaire est trop grave, et comme disait encore récemment Augusto Pinochet ou Zinédine Zidane je me souviens plus, on ne peut fuir son destin. Donc assez tergiversé, l'instant T est arrivé. Tiens, pourquoi on dit heure H, jour J et instant T ? Le lecteur qui m'explique ça gagne une frite sauce samouraï chez Antoine. Bref. Ce dont je veux vous parler, ce dont je veux vous faire prendre conscience, c'est ceci : il y a trop de gens. Pardon c'est l'émotion ma phrase n'était pas terminée. Il y a trop de gens donc, qui toussent ou éternuent sans mettre leur main devant la bouche. Quelle irresponsabilité devant la société toute entière. Il est pourtant prouvé par de nombreux scientifiques, et si ces gens là disaient des bêtises, ça se saurait, que le simple fait de mettre sa main devant sa bouche réduit considérablement le risque de propagation des virus, germes et autres microbes. Il ne s'agit donc pas seulement d'une convention sociale.
 J'espère que chacun va s'émouvoir et se mobiliser pour lutter contre ce cataclysme dont vous ne pourrez plus dire que vous ne saviez pas. A commencer par nos candidats parmi lesquels le futur président, ou la future présidente. Or, comme nous constatons qu'ils éprouvent quelques difficultés, n'en doutons pas passagères, pour émettre des propositions qui pourraient par exemple résoudre nos problèmes, ceux des autres et de la planète, je me propose, en toute modestie, de leur proposer des propositions clé en main, adaptées aux orientations politiques de ce qui semble être leur programme. Concernant M. Sarkozy, le plus candidat de tous, je suggère qu'il crée une police des virus, afin d'interpeller tous les germes, surtout les étrangers (on sait d'expérience que la grippe espagnole est plus dangereuse que sa collègue berrichonne, alors ne nous voilons pas la face derrière de naïves considérations tiers-mondistes). Ségolène Royal pourrait quant à elle proposer des crédits de 10000€ pour que chacun puisse investir en antibiotiques, mouchoirs et bonnets. Ce serait une manière de s'attaquer à la source du problème. Dans un premier temps, toutefois, elle pourrait confier à l'armée la mission de s'occuper des même François Bayrou, qui ne le cachons pas me semble être le plus à même de s'occuper d'un problème aussi grave, pourrait suggérer à tout un chacun de mettre son index droit devant son nez, parallèlement aux narines, pour éviter d'éternuer, ou de sucer des bonbons à l'eucalyptus pour ne pas tousser. Voilà qui résoudrait le problème à moindre frais. Jacques Chirac s'engagera tout simplement, s'il est réélu, à résoudre le problème dans les 5 jours. Arlette Laguiller sait que le problème vient des patrons et supprimera donc les patrons. Olivier Besancenot pareil. Mais en plus cool. Dominique Voynet dira sûrement quelque chose mais personne ne l'entendra, et puis de toutes façons au pouvoir elle mettra cette proposition en sommeil car il est important pour les Verts d'être au gouvernement. Marie Georges Buffet proposera de créer un grand mouvement anti-toux dont le leader pourrait être désigné par exemple par les adhérents communistes. Jean-Marie Le Pen fera une meilleure proposition que Philippe de Villiers qui fera lui-même une meilleure proposition que Jean-Marie Le Pen, où seront désignés coupables, dans le désordre, les islamistes, les francs-maçons, les fonctionnaires ou les intellectuels, surtout s'ils sont d'origine étrangère voire israélite, ce qui, ne manquera-t-il pas de rappeler, est souvent le cas. Dieudonné approuvera, surtout concernant les israélites, mais pas les noirs, parce que la souffrance qu'il a lui même dû endurer pendant l'esclavage le dispense de mettre sa main devant la bouche, mais aussi de réfléchir et hélas, également, de la fermer (sa bouche). Lionel Jospin aurait eu la solution si on lui avait demandé. CPNT dira que si on avait continué à faire comme on faisait ce ne serait pas pareil (???).
Quant à moi, qui ne suis candidat à rien, je me sens libéré d'un poids même si je suis sûrement loin d'avoir conscience de ce que va provoquer cette chronique. Mais ne fallait-il pas le faire ? L'avenir de l'espèce humaine est maintenant entre vos mains, donc devant vos bouches...

Par Aurélien Zolli
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus